Découvrez les façons dont le Nouveau-Brunswick crée des liens entre la science et l'industrie

11 mars 2016

Le Centre précommercial de technologies en bioprocédés (CPTB), situé à Grand-Sault, sur le campus d’Edmundston du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB), appuie l’industrie dans ses efforts pour promouvoir les bioprocédés. Les activités du Centre se concentrent sur facettes de la technologie de la fermentation et  des analyses chimiques en découlant. L’équipe du CPTB utilise la fermentation et d’autres bioprocédés pour obtenir des produits industriels, comme du biogaz, de l’éthanol ou d’autres molécules à valeur élevée. L’équipe s’intéresse aussi à une seconde facette de la fermentation, soit aux boissons alcoolisées et à leur chaîne de valeur.

 

Le Centre a vu le jour en 2010 grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC). L’Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA) et le gouvernement du Nouveau-Brunswick ont également financé l’achat de matériel spécial.

 

Josée Landry gère à la fois le CPTB et le Centre de conservation des sols et de l’eau de l’Est du Canada (CCSEEC), ce dernier étant axé sur les sciences agro-environnementales. Native d’Edmundston au Nouveau-Brunswick, Mme Landry a obtenu un baccalauréat en sciences, spécialisé en microbiologie, et une maîtrise en biologie végétale à l’Université Laval. Elle a passé les premières années de sa carrière professionnelle travaillant comme chercheuse pour son alma mater. C’est en 2012 que la possibilité de diriger le CPTB s’est présentée à elle.

 

Opportunités NB (ONB) a rencontré Josée Landry pour chercher à savoir comment le CPTB appuie l’industrie des biosciences dans le Canada Atlantique et pour qu’elle nous parle de son retour au Nouveau-Brunswick.

 

ONB : Lors de notre récente conversation avec le Mycodev Group (en anglais seulement), David Brown nous a fait part de la collaboration de son entreprise avec le CPTB. Il semblerait que le secteur privé peut mettre à l’essai ses produits au Centre. Est-ce exact?

 

Landry : Oui. L’une des spécialités du Centre est tout spécialement indiquée dans son nom en anglais, « scale-up », c’est-à-dire la mise à l’échelle. Avec Mycodev, David et Brennan ont eu une idée qui fonctionnerait, ils en étaient convaincus, mais il restait encore à la faire valider. Dans ce cas, nous avons commencé au labo avec un petit volume, puis nous avons augmenté graduellement la quantité du procédé à partir de là. Nous sommes passés de quelques millilitres à un litre, puis à quatre litres, à quarante litres et ainsi de suite. David était toujours très présent dans notre labo, occupé à collaborer avec nos techniciens et nos chercheurs. 

 

Le but est d’obtenir une technologie qui se rapproche le plus possible de la commercialisation pour que l’entreprise en réduise le risque avant de la mettre sur le marché. 

 

Nous avons de gros projets grâce à des relations à long terme, comme dans le cas de Mycodev, et nous avons de plus petits projets dans lesquels les clients peuvent avoir besoin d’aide pour un aspect de la technologie; parfois, il s’agit simplement de régler un petit détail technique. Il peut arriver que nous fassions le gros du travail et que nous donnions à un client sa réponse à partir de là, ou il peut arriver que le client soit présent dans le labo avec nous et qu’il soit aux commandes. Nous sommes très souples à cet égard

ONB : En plus de Mycodev, y a-t-il d’autres clients notoires que vous pourriez mentionner?

 

Landry : L’Érablière Denis Côté est un autre de nos partenaires à long terme. L’un de ses produits qui est disponible et auquel nous avons collaboré est l’eau de sève Davia.

 

Nous travaillons aussi avec Laforge Bioenvironmental, qui est dans le secteur des biogaz. Ce travail repose surtout sur des analyses, par exemple, quand ils ont une nouvelle biomasse, nous effectuons les essais avant qu’elle ne passe dans leur digesteur anaérobique. Nous procédons ainsi pour vérifier que la biomasse vaut la peine d’être utilisée et qu’elle ne fera pas diminuer la production du système. 

 

ONB : Qu’est-ce qui différencie le CPTB des autres centres de recherche semblables?

 

Landry : Nous ne faisons aucune recherche fondamentale ici; nous nous concentrons entièrement sur la recherche appliquée. Nous nous contentons de répondre aux défis de l’industrie. Nous n’imposons pas de projets à l’industrie; c’est plutôt elle qui nous présente des idées et des défis. Comme notre personnel travaille à plein temps à des projets de recherche, il n’a pas de tâche d’enseignement et notre délai d’exécution est rapide. Nous pouvons nous concentrer pleinement sur des projets sans avoir à passer trop de temps en classe. Mais surtout, nous avons une équipe du tonnerre, composée de scientifiques de talent, qui travaillent avec ardeur. 

 

ONB : Est-ce que cela veut dire que les étudiants du CCNB ne suivent pas de cours dans les domaines d’intérêt du Centre?

 

Landry : Pas à Grand-Sault, où le CPTB est situé. Au niveau de la formation théorique, tout se passe à Edmundston. Toutefois, les étudiants participent indirectement à nos projets. Ils peuvent faire quatre mois de stage ici et jouer un rôle actif dans les travaux; habituellement, nous prenons quatre ou cinq stagiaires par année.

 

Par ailleurs, nous nous impliquons le plus possible dans le programme d’études. Même si nous n’enseignons pas à plein temps, nous envoyons des membres du personnel enseigner quelques cours ou il arrive que des étudiants viennent à Grand-Sault pour des matières particulières, par exemple, pour utiliser la chromatographie liquide à haute performance (CLHP). Des enseignants du CCNB peuvent aussi venir ici pour collaborer à des projets. Il y a donc pas mal d’interaction avec la partie théorique du Collège.

 

ONB : Nous adorons parler à des personnes qui sont revenues au Nouveau-Brunswick pour profiter d’une possibilité de carrière. Cherchiez-vous activement une occasion de revenir ici?

 

Landry : Oui, mon mari et moi cherchions définitivement une bonne excuse pour revenir chez nous. J’étais en congé de maternité pour mon premier enfant et j’ai décidé de venir chercher du travail au Nouveau-Brunswick. Si je n’avais rien trouvé, je serais retournée au Québec mais, après six mois, la possibilité du CPTB s’est présentée à moi. Nous avons sauté sur l’occasion de revenir dans la province.

 

Nous ne sommes pas les seuls non plus; notre chimiste vient également d’ici. Il travaillait à Halifax quand le CPTB l’a recruté et il a lui aussi saisi cette occasion de revenir ici avec sa femme. Cela a été une excellente occasion pour nous tous.

 

ONB : Comment compareriez-vous le fait de faire des affaires au Nouveau-Brunswick et votre expérience de travail antérieure?

 

Landry : Si on est aux prises avec un problème, on peut toujours appeler quelqu’un qui vient d’ici et qui peut nous être utile, parce que, s’il n’a pas la réponse, il connaît quelqu’un d’autre qui l’a. Comme c’est une collectivité qui est « tricotée serrée », les experts et les décideurs sont très accessibles. Si on compare à de grands centres, comme Québec, il est plus facile de passer du temps en personne les bonnes personnes. 

 

En ce qui concerne la conciliation travail-vie personnelle, nous n’avons jamais eu à nous inquiéter de questions comme trouver une bonne garderie, parce qu’ici, on n’attend pas pendant des années sur une liste d’attente. Il y a tellement de grands espaces ici. Si on aime le plein air, il y a beaucoup de choses à faire. Nous avons aussi trouvé que le prix des terrains est raisonnable ici, et ils sont grandsC’est un excellent endroit où élever une famille.

 

ONB : Parlons un peu de l’autorité en matière de biosciences dans la province, BioNB. Quel est le rôle de cet organisme par rapport au vôtre?

 

Landry : Nous entretenons une relation de travail solide avec BioNB, ce qui consiste en grande partie à organiser ensemble des événements, comme des congrès et des ateliers. De plus, ils nous recommandent des clients de l’industrie et vice versa. Il est facile de collaborer avec eux et BioNB est un ardent défenseur de l’industrie des biosciences au Nouveau-Brunswick. 

 

ONB : Nous devrions donc saisir l’occasion pour parler de la prochaine Conférence du Canada Atlantique sur le bioraffinage. Dites-nous-en plus à ce sujet.

 

Landry : Cette conférence est organisée par BioNB, le CPTB, et Springboard Atlantic. Elle en est à sa cinquième année et elle se tiendra à Halifax, du 30 mai au 1er juin 2016. 

 

La conférence comprend des visites technologiques au cours desquelles nous emmenons les participants visiter les industries des environs. C’est une excellente occasion de parler avec des professionnels de l’industrie et de voir ce à quoi ils travaillent exactement. Cette année, nous nous rendons à la station de recherche marine de Ketch Harbour et au Centre de démonstration Innovacorp. 

 

Les deux jours suivants, il y a plusieurs séances avec des conférenciers et des activités de réseautage. Nous fournissons même une salle pour les entreprises où les participants peuvent avoir des conversations « éclair » en personne avec des chercheurs ou d’autres intervenants de l’industrie.

 

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